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J’use ma vie en usine, Dans cette conserverie où je conserve encore l’espoir, De quitter ces machines, Et ces machins de pt’ its chefs chefs qui peuvent siffler un abreuvoir, A la pause je descends, Sur les bords de la Loire encore bordés de blancs brouillards, Et j’ m’accroche au gliss’ ment, D’une péniche qui ronronne, J’ bois mon café j’ai moins l’ cafard, J’ veux quitter la machine, J’ veux quitter la machine…
J’ graisse ma vie à la chaîne, De points d’ retraite en pots d’ départ j’aurai mon os dans un hospice, Et j’ colore ma peine, Aux flonflons fluo des foires aux bistrots gris jaunis d’ pastis, Moi je rêve d’océan, Pas de la mer coincée entre glacière et crème solaire, Enfin vivre le sale temps, Pas de soleil douillet pour gentils touristes en short vert, J’ vais quitter la machine, J’ vais quitter la machine…
Aux aurores est horrible, Cette pointeuse qui pointe à chaque fois mon désarroi, Je me sens irascible, Je vais longer la Loire aller me jeter dans se bras, Ma déprime je vous laisse, En prime mes comprimés et ma conduite conditionnée, Et caché dans une caisse, J’ me niche dans une péniche avec sandwichs et bières gelées, J’ai quitté la machine, J’ai quitté la machine…
Sur le pont loin d’ la berge, Moi l’ barjo de cette barge je crie debout sur un tas d’ sable, Le cap’ taine un brave belge, M’offre un verre de vermouth m’invite à venir à sa table, Je salue de la main, Sur la rive les pêcheurs les promeneurs les amoureux, De l’estuaire vient l’ parfum, Du grand large au long court de l’intérieur ça monte aux yeux, J’ai quitté la machine, J’ai quitté la machine…
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