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Elle c’était Marie elle portait les sabots d’Hélène, Les trois employés communaux l’appelaient « la benne », Ca faisait rire tout le bistrot au moment de faire le tiercé…
C’était la fille de celui qu’on appelait le « père la guigne », Un type poisseux qui porte la poisse un vrai suceur de vignes, Le teint raisin et le nez en grappe il agrippait sa dignité…
Moi je l’aimais bien Marie, Je la trouvais plutôt jolie, Même si je suis un garçon poli…
Moi j’étais le grand niais de la famille des notables, L’ahuri qui se tient bien droit assis derrière la table, Je tenais le bras de grand-maman lorsque nous allions à la messe…
Habillé chaque jour comme si j’ faisais ma communion, Les trois sous-chefs de la mairie m’appelaient «l’ coincé du con », Lâchaient des blagues toute en finesse à la buvette de la kermesse…
Refrain
Des tas de théorèmes Marie elle pouvait réciter, Faisait des maths un vrai poème que j’aimais écouter, De Ptolémée à Copernic j’aurais embrassé leurs sinus…
Elle m’a fait prendre la tangente, couchés dans le verger, De mes deux secondes de prouesse elle ne s’est pas moquée, On regardait dans le ciel bleuté s’accumuler les cumulus…
Refrain
Elle a vidé dans la literie d’ son père tous ses litrons, Et le citron lui a pressé à coups d’ poêle à marrons, Le laissant la face dans sa potée elle a prit des vents la clé…
Lors d’un lunch pour la confirmation de ma cousine Julie, Avec mes bottes d’équitation les pieds dans l’ plat j’ai mis, Et puis soudain j’ai blasphémé tout en pissant sur les dragées…
On s’est retrouvé tous les deux à la fontaine du diable, Puis nous sommes allés faire le foin dans le fond d’une étable, Elle a soudain jeté sa blouse et moi mon bonnet de benêt…
On a emprunté l’estafette du vieil adjoint au maire, Puis à la tombée de la nuit on s’est glissé derrière, Toute la vie devant nous on avait, entrelacés dans les navets…
Refrain (bis)
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