|
Aux f’ nêtres frappe la lumière du jour, Helena reste sur le carreau, Dans sa bouche le goût acre de « l’amour », Les yeux vitreux elle a soif d’eau,
Le sommeil collé aux paupières, Sur une chaise longue s’enfuit sa mère, Le regard si vide elle fredonne, Et c’est toute son âme qui cogne,
Sa mère n’est ni pute, ni alcoolique, Mais concrétise son Amérique, Dans les bras tatoués de braves types, Qui ont du cœur mais pas de tripes,
Chocolat froid avec de l’eau, Les deux petites mangent sans un mot, C’est l’ matin qu’elles apprennent leurs leçons, Y’a même plus d’ bougies que c’est con !
Oui mais il y’a aussi Bertrand, Un peu courtier, un peu boxeur, De rue mais avec elle il prend, Des gants il respecte sa peur, Sa peur…
Hier soir Helena s’est vendue, En s’ donnant mais sans rien offrir, Cœur fermé sous une jupe fendue, Qu’ le dégoût derrière le sourire,
Les psys disent que c’est par plaisir, Refoul’ ment de la pt’ ite enfance, Leurs théories parlent du désir, De n’ plus penser sous l’ poids d’une panse,
Ce dont elle jouit c’est d’ ce sac lourd, Que l’on pose en hâte sur la table, D’ ses sœurs qui s’ jettent sur les yaourts, D’ sa mère qui devient plus aimable,
C’est de disparaître dans des livres, Qu’une instit’ à la r’ traite lui file, L’imagination qui délivre, Lorsqu’elle ressent le poids d’ ses cils…
Refrain
|